Points de reprise insuffisants, services gratuits parfois facturés et hausse des éco-contributions, la FFB Grand Paris-Ile-de-France alerte sur les dysfonctionnements de la REP Bâtiment. L’organisation demande un contrôle renforcé des éco-organismes et une amélioration rapide du dispositif.

Mise en œuvre depuis 2023, la REP Bâtiment ne fait pas que des heureux. La FFB Grand Paris-Ile-de-France a une nouvelle fois dénoncé, dans un communiqué, un dispositif dysfonctionnel. Si l’organisation professionnelle reconnaît son caractère « indispensable », pour structurer la filière de collecte, de recyclage et de réemploi des déchets pour les entreprises du BTP, elle pointe une situation de terrain « extrêmement dégradée » et un dispositif qui « ne fonctionne pas ».

« Les entreprises et artisans du Bâtiment font face à des dysfonctionnements en cascade des services de reprise gratuite, alors même que les éco-contributions continuent d’être prélevées et augmentées. », regrette la FFB Grand Paris. Pour mémoire, les metteurs sur le marché appliquent une éco-contribution à l’achat des produits et matériaux de construction, qui est reversée aux éco-organismes auxquels ils ont transféré leurs obligations. À ce titre, l’année dernière, les organisations professionnelles, FFB et CAPEB en tête, étaient vent debout à l’annonce par l’éco-organisme Valobat de nouveaux barèmes ayant conduit à des hausses importantes des éco-contributions.

Des services gratuits parfois facturés

Pour preuve des dysfonctionnements, la FFB Grand Paris donne l’exemple de la région capitale, où le maillage territorial est jugé insuffisant « et souvent inopérant ». Sur les 378 points de reprise officiels recensés fin 2025, certains sont apparemment fermés, inaccessibles ou trop éloignés, refusent des déchets. La FFB pointe également des lourdeurs administratives, et une facturation de services alors que ceux-ci sont normalement gratuits, car financés par l’éco-contribution.

La FFB appelle à plus de contrôle des éco-organismes et « à une amélioration rapide et opérationnelle du dispositif REP Bâtiment, afin qu’il réponde enfin aux besoins concrets des entreprises du secteur. » Malgré des concertations organisées par la Région qui « ne permettent pas un dialogue constructif », elle estime que ses arguments ont été entendus par le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, et pourraient bien « ouvrir la voie à un début de prise en compte du problème. » Pour mémoire, la FFB a engagé l’année dernière un recours contentieux, désormais devant le Conseil d’État, afin de contraindre l’État à engager des contrôles des éco-organismes, et à leur faire respecter leur cahier des charges, notamment la reprise des déchets sans frais.