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Rénover les bâtiments éducatifs : une priorité

Rénover les bâtiments éducatifs : une priorité
Quatre collèges à hautes performances énergétiques dans la Sarthe

C’est pour faire face à l’urgence – quinze collèges à restructurer rapidement – que le conseil départemental de la Sarthe a fait le choix d’un contrat de partenariat public-privé (PPP) pour quatre d’entre eux – Henri-Lefeuvre à Arnage, Jean-Cocteau à Coulaines, Maroc-Huchepie au Mans et Marcel-Pagnol à Noyen-sur-Sarthe. Le groupement Maine Collèges 72 réalisera les restructurations puis l’exploitation des établissements pendant vingt ans. Le département récupérera les bâtiments selon les termes du contrat « en parfait état de fonctionnement » en 2039.
Les quatre collèges seront à haute performance environnementale : certification HQE avec 10 cibles sur 14 au niveau très performant et labellisation Effinergie+ niveau exceptionnel. Ainsi, le groupement s’est engagé sur un niveau de consommation énergétique pendant les vingt ans d’exploitation à hauteur de 1 476 MWh/an, intégrant celles, annuelles, de chauffage, d’eau et d’électricité. Cet engagement énergétique va bien au-delà de la réglementation thermique en vigueur (RT 2012) avec une cible inférieure de 40 % à celle-ci.

1/ Conception
Ces projets consistent davantage à restructurer des sites avec un niveau de performance élevé plutôt que de rénover des bâtiments. Les travaux engagés vont donc bien au-delà d’une simple rénovation énergétique. Ils prennent en compte les nouveaux usages et besoins, les demandes du Département de faire évoluer la taille des collèges qui doivent accueillir 500 à 600 élèves chacun. Pour l’ensemble du programme de restructuration, les attentes sont les mêmes : regrouper et augmenter la capacité en assurant la continuité des cours pendant les travaux, ce qui impose une programmation à tiroir ; il s’agit de construire puis de démolir et de reconstruire à la place. En fait, sur l’ensemble, il y a peu de rénovation de l’existant. Si les programmes sont semblables (entre 6 000 et 7 000 m2), les sites sont différents, et les contraintes qui y sont liées ne sont évidemment pas les mêmes.

Collège Jean-Cocteau, Coulaines (72). ©Willy Berré

2/ Structure et enveloppe
À la demande du Département, pour éviter les dégradations, toutes les zones en contact avec les élèves sont en béton. Une contrainte forte pour les architectes. Pour le reste, les choix sont, suivant les collèges, liés à la conception architecturale et au besoin de durabilité, avec une nette prédominance du métal. Sur le plan thermique (isolation et apport solaire) et lumière naturelle, les concepteurs ont opté systématiquement pour des menuiseries respirantes avec occultations (stores vénitiens) entre les vitrages, lesquels sont économiques en maintenance et dotés d’une plus grande durée de vie.

Collège Marcel-Pagnol, Noyen-sur-Sarthe (72). ©Willy Berré

3/ Équipement technique énergie
Trois types de considération ont été pris en compte, à savoir, en fonction du site, des usages (salles de classe, internat, etc.) ou encore de l’exploitation et de la maintenance. D’où le choix original d’une petite chaufferie bois avec secours gaz équipée de microchaudières à granulé. Le granulé présentant l’avantage, par rapport à la plaquette, de la qualité constante, capital pour l’exploitation. Sachant que, selon les espaces, les besoins de chauffage sont très faibles. Les salles de classe, très isolées, sont, par exemple, chauffées par les élèves (récupération de chaleur via des centrales de traitement d’air à haut rendement).

Maître d’ouvrage : Département de la Sarthe, via PPP Maine Collèges 72
Maîtrise d’œuvre : groupement associé architectes Lionel Vié, Atelier Rolland & Associés, Christophe Bailleux et William Gohier ;
Bureaux d’études techniques : SCE, BEGC, Elan et Grontmij
Entreprises : Bouygues Bâtiment Grand Ouest et Bouygues Bâtiment Centre-Sud-Ouest

Jacques Larrignon, directeur commercial, Bouygues Bâtiment Grand Ouest
« Avec une certification HQE à 10 cibles très performantes, le processus qualitatif de conception est à un niveau très élevé. Nous sommes ainsi assurés que les ouvrages tiendront leurs promesses. De même, le fait que nous soyons présents via le PPP jusqu’en 2039 renforce encore leur qualité. Par exemple, l’étanchéité des toitures-terrasses : à la fin du contrat, nous devons garantir que les ouvrages que nous avons réalisés aient une durée de vie résiduelle égale à 50 % de la durée de vie théorique du produit. Pour l’atteindre, le choix s’est porté sur un système d’étanchéité asphalte d’une durée de vie de 40 ans au minimum. C’est plus cher certes, mais moins que de poser l’étanchéité, de l’arracher et d’en poser une nouvelle. Cela nous impose de travailler sur la durabilité. »

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