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Précarité énergétique : 60 % des Français ne rénovent pas faute de ressources financières

Précarité énergétique : 60 % des Français ne rénovent pas faute de ressources financières

Quelques jours avant l’annonce du nouveau Plan Pluriannuel de l’Energie (PPE) par le Président de la République, en pleine crise des « Gilets Jaunes », l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) a dévoilé ses derniers chiffres. Mesuré par l’indicateur du taux d’effort énergétique, le phénomène de précarité énergétique a reculé en 2017 par rapport à 2013 : 11,6 % des ménages, soit 3,3 millions de ménages en France métropolitaine dans lesquels vivent 6,7 millions d’individus, consacrent 8 % ou plus de leur budget aux dépenses d’énergie dans leur logement et appartiennent en même temps aux 30 % des ménages les plus modestes, contre 14,5 % en 2013. Toutefois, le principal facteur explicatif de ce recul est conjoncturel car lié à la météo : en 2013 l’hiver a été particulièrement rigoureux, ce qui a accru les besoins de chauffage dans les logements, et donc tiré à la hausse les factures d’énergies acquittées par les ménages cette année-là. En 2017 en revanche, les températures hivernales ont été plus douces que la moyenne observée depuis 30 ans. Si l’on corrige de l’impact conjoncturel de la météo, le taux de précarité énergétique estimé s’élève à 11,9 % en 2017, contre 13,8 % en 2013. Le recul du phénomène demeure mais est plus modéré. L’évolution du prix hors taxes de l’énergie, qui a baissé en moyenne entre 2013 et 2017, les prix hors taxes du gaz et du fioul ayant nettement reculé, après avoir atteint un niveau relativement haut en 2013. Le prix hors taxes de l’électricité et le coût de l’abonnement ont en revanche augmenté, et avec eux les factures des ménages chauffés à l’électricité. La fiscalité en hausse Sur la même période, le poids de la fiscalité qui s’applique aux énergies consommées par les ménages s’est au contraire alourdi. La principale évolution de la fiscalité énergétique concerne l’introduction en 2014 d’une composante carbone dans les taxes intérieures de consommation (TIC) : elle vise à inciter les ménages à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre afin de lutter contre le changement climatique. Sa trajectoire est croissante chaque année : introduite au taux de 7 € par tonne de CO2 émis en 2014, elle a été portée à 30,5 € par tonne de CO2 en 2017, et atteindra 86,2 € par tonne de CO2 en 2022. En ce qui concerne les énergies du logement, cette composante carbone s’applique au gaz de ville (TICGN) et au fioul (TICPE) en fonction de leur contenu carbone. De plus, la contribution au service public de l’électricité s’est accrue progressivement. Enfin, le taux de TVA est passé de 19,6 % à 20 % au 1er janvier 2014. Au total, les effets de cette hausse de la fiscalité entre 2013 et 2017 sur la précarité énergétique (+1,3 point) ont été compensés par ceux liés au recul du prix hors taxes de l’énergie (-1,3 point), et l’évolution du prix moyen de l’énergie, toutes taxes comprises, est restée sans incidence sur l’évolution de la précarité énergétique. Un ménage sur trois restreint sa consommation de chauffage en raison de son coût. L’indicateur du taux d’effort se base sur la facture d’énergie pour mesurer la précarité énergétique et néglige ainsi les restrictions de chauffage que peuvent s’imposer les ménages pour des raisons financières. Or, selon le baromètre Énergie-Info du Médiateur national de l’énergie, près d’un tiers des ménages français déclarent encore avoir restreint leurs consommations d’énergie pour des raisons de coût au cours de l’hiver 2017/2018, mais cette proportion est en baisse depuis 2013. En outre, 9 % ont rencontré des difficultés à payer leurs factures et 15 % ont souffert d’une sensation de froid chez eux au cours de l’hiver dernier. Pour 40 % d’entre eux, la sensation d’inconfort provient d’une mauvaise isolation de leur logement et pour 28 % d’une installation de chauffage insuffisante. Les travaux de rénovation nécessaires ne peuvent pas toujours être engagés en raison de contraintes financières (60 % des Français déclarent ne pas faire de travaux de rénovation faute de ressources financières). L’ONPE va désormais suivre annuellement l’évolution du phénomène entre deux enquêtes au travers de deux outils : d’une part l’indicateur de précarité énergétique au sens du taux d’effort énergétique, estimé par le Commissariat général au développement durable avec son modèle de micro simulation Prometheus, et d’autre part une mesure du ressenti du froid délivrée en 2018 par le baromètre Énergie-Info du Médiateur national de l’énergie. Source : Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) Graphique : Ministère de la Transition Écologique et Solidaire (CGDD-modèle Prometheus 2018).  

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