Après l’adoption du budget 2026, MaPrimeRénov’ rouvre ses guichets pour l’ensemble des parcours, y compris pour les ménages modestes, intermédiaires et supérieurs. Le dispositif doit notamment permettre de traiter près de 83 000 dossiers en attente, tout en maintenant plusieurs restrictions sur certains travaux.

La France s’est dotée d’un budget pour 2026. MaPrimeRénov’ rouvre donc ses guichets pour tous les parcours, y compris pour les ménages aux revenus modestes, intermédiaires et supérieurs.

83 000 dossiers en attente

Cette réouverture permettra de reprendre les dossiers en attente depuis la fin de l’année 2025, lorsque le dispositif avait à nouveau été suspendu au 1er janvier, après que les parlementaires ne sont pas parvenus à voter le projet de loi de finances (PLF) 2026. Actuellement, environ 83 000 dossiers sont en attente d’instruction.

Pour rappel, le PLF 2026 a octroyé 3,6 milliards d’euros au dispositif. Un montant stable par rapport à l’année passée, mais qui avait été rapidement atteint, menant à une première suspension du dispositif entre juillet et septembre. Face au nombre important de dossiers déposés, l’État avait choisi de redimensionner le dispositif, limitant à 13 000 le nombre de nouveaux dossiers acceptés jusqu’à fin 2025, le tout réservé aux seuls ménages très modestes.

Pour 2026, le gouvernement a fixé un objectif de 120 000 rénovations d’ampleur et 150 000 rénovations par geste. « Le budget 2026 confirme l’importance de la rénovation de l’habitat, avec 3,6 milliards d’euros pour MaPrimeRénov’. Son adoption est une bonne nouvelle pour la politique du logement. La priorité doit désormais être la stabilité des aides et la qualité des projets financés », a déclaré Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, cité dans un communiqué.

Les ménages souhaitant déposer de nouveaux dossiers peuvent s’engager dans les démarches pour une demande d’aide, qu’il s’agisse d’une rénovation par geste ou d’une rénovation d’ampleur. Les règles d’éligibilité et les taux de financement sont les mêmes que ceux appliqués avant la dernière suspension. Toutefois, l’isolation des murs par l’extérieur (ITE) ou par l’intérieur (ITI), ainsi que l’installation de chaudières biomasse (bois ou granulés), sont exclues des opérations « monogestes ». Ce dernier point avait d’ailleurs déclenché l’ire des principaux concernés. En fin d’année 2025, des dizaines de professionnels avaient manifesté à Paris, à la suite de l’appel du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB), afin d’exiger que les chaudières biomasse (bois et granulés) puissent de nouveau être éligibles aux monogestes MaPrimeRénov’.

Un rendez-vous obligatoire avec un conseiller

Concernant les rénovations d’ampleur, les conditions sont celles d’avant la suspension de juin 2025. Les logements éligibles sont ceux classés E, F ou G avant travaux. Le plafond de dépense est fixé à 30 000 € HT pour un saut de deux classes, et à 40 000 € HT pour un saut de trois classes.

Le montant des aides couvrira jusqu’à 80 % et 60 % du coût total des travaux pour les ménages à revenus très modestes et modestes, 45 % pour les ménages à revenus intermédiaires, et 10 % pour ceux à revenus supérieurs. Le bonus « sortie de passoire énergétique » est, quant à lui, supprimé.

Petite nouveauté : les ménages souhaitant réaliser une rénovation d’ampleur ont désormais l’obligation de prendre rendez-vous avec un conseiller France Rénov’, avant de déposer leur demande. Cette mesure doit permettre de sécuriser les parcours et de s’assurer de la qualité des projets financés.

La réouverture des guichets a été saluée par de nombreux acteurs de la profession. « C’est une bonne nouvelle, qui doit enfin sonner la relance des projets de rénovation que de nombreuses familles avaient mis en pause. Notre premier conseil : ne tardez pas à déposer votre dossier de demande MPR, car les délais de traitement risquent de s’allonger. » a par exemple déclaré Audrey Zermati, Directrice Stratégie d’Effy.