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Deux études analysent les dépenses de l’Etat favorables et défavorables au climat

L’Institut de l’économie pour le climat (I4CE – Institute for climate economics) a publie deux études, avec le soutien de l’ADEME.

L’édition 2019 du Panorama des financements climat analyse les investissements bas carbone révèle que les investissements en faveur du climat ont dépassé 45 milliards d’euros en 2018. Ces investissements ont été réalisés par les ménages, les pouvoirs publics et les entreprises, dans des secteurs tels que le bâtiment, les énergies renouvelables ou la mobilité durable. La transition énergétique concentre désormais un douzième des investissements du pays. Pour Maxime Ledez, chargé de recherche chez I4CE : « D’ici la fin du quinquennat il faudra investir entre 15 et 18 milliards d’euros supplémentaires chaque année pour engager le pays sur la trajectoire de la neutralité carbone. Et il ne suffira pas de mettre à disposition de nouvelles sources de financement : pour déclencher ces investissements, leur rentabilité et la réglementation sont déterminantes ». Les investissements vont surtout devoir augmenter dans la rénovation des logements, les véhicules bas-carbone, les énergies renouvelables, les transports en commun et les aménagements cyclables. Dans le réseau ferroviaire et la construction de logements performants, l’enjeu sera de maintenir les niveaux d’investissements actuels.

I4CE publie également pour la première fois son évaluation climat du budget. « Nous avons identifié plus de 250 mesures dans le budget de l’Etat qui influencent, à la hausse ou à la baisse, les émissions de la France. 250 bonnes raisons de s’intéresser au budget » selon Quentin Perrier, chef de projet chez I4CE. Par ailleurs, la France va devoir progressivement réduire ses dépenses défavorables au climat et en particulier ses dépenses dites fiscales. I4CE a identifié 16 milliards d’euros de niches fiscales sur la taxation des énergies fossiles, qui bénéficient à l’aérien, aux poids lourds, au BTP ou encore aux agriculteurs. Pour Marion Fetet, chargée de recherche chez I4CE, « ces niches nourrissent un sentiment d’injustice et entretiennent la dépendance aux énergies fossiles. Le gouvernement devrait fixer un cap clair : leur réforme complète d’ici quelques années. Certains secteurs sont vulnérables économiquement, et l’idée n’est pas d’arrêter d’aider ceux-là mais de les aider autrement ».

https://www.i4ce.org/wp-core/wp-content/uploads/2019/09/I4CE-Etude-EvalClimat360°BudgetEtat.pdf