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Carrefour international du bois 2018 – Renouvellement de la ressource : les actions en cours

Intervenants :
Philippe Besseau, animateur ressources et bois-énergie – Atlanbois
– Cécile Goube, directrice – Plantons pour l’Avenir
– Pierre Dumont Saint-Priest, co-fondateur – EcoTree
– Emmanuel Naudin, délégué « Merci le Peuplier » – Comité National du Peuplier

Philippe Besseau : « Mon rôle sur la ressource est de fédérer les acteurs (sylviculteurs, gestionnaires jusqu’aux exploitants). Il faut renouveler la ressource parce que les arbres poussent lentement. Les arbres que l’on récolte aujourd’hui sont ceux qui ont été renouvelés et plantés à l’époque d’hier. Aujourd’hui, il y a un déficit de renouvellement qui engendrera un déficit du bois demain. Pour moi, nous devrions renouveler 6 fois plus que ce qui se fait. Ce déficit peut s’expliquer par « la peur de demain » au niveau de la rentabilité, les catastrophes météorologiques, les retards de plantation. On se retrouve dans une impasse sylvicole. Les propriétaires s’éloignent parfois un peu de leurs forêts. C’est valable pour toutes les essences. Les raisons ne sont pas forcément les mêmes pour toutes les essences. 

Cécile Goube : « Plantons pour l’avenir est un fond de dotation dont l’objectif est de lever des fonds sous la forme de dons. C’est une structure d’intérêt général qui permet la déficalisation dans le cadre du régime du mécénat. Nous lançons des appels à projets auprès des propriétaires forestiers en France pour leur fournir des aides sous formes d’avances remboursables pour les inciter à reboiser. Dans les années 90, il se plantait environ 130 millions de plants en France. Aujourd’hui, on arrive à peine à 80 millions. L’Allemagne en plante 300 millions, la Pologne 1 milliard par an. Un certain nombre de propriétaires sont rentrés dans la gestion durable. Il y a des forêts qui se renouvellent seules. Mais il y a de nombreuses forêts qui ont été abandonnées, des démultiplications par héritage, des parcelles touchées par les tempêtes ou liées au changement climatique. Le peuplement sur pied n’a peu ou presque plus de valeur économique. Comment expliquer aux propriétaires forestiers qu’il faut couper que ça va presque rien lui rapporter et qu’il faut qu’il investisse énormément sur les 5 premières années pour qu’il ait peut-être une première récolte dans 10-12 ans. Il y a une sensibilisation sans laquelle on ne peut pas demander à un propriétaire privé d’investir tout seul. Nous nous adressons à des entreprises qui peuvent faire des dons à un fond de dotation. Nous finançons des travaux préparatoires. Plantons pour l’avenir peut venir en complément d’aides publiques avec une avance de trésorier. 750 ha et 2 millions d’euros récoltés auprès des mécènes. » 

Pierre Dumont Saint-Priest : « EcoTree est né d’un constat simple c’est que la conscience écologique n’était pas forcément récompensée en France. L’idée était de réconcilier le développement durable et la rentabilité financière en proposant aux particuliers et aux entreprises de devenir propriétaires d’arbres dont ils financent la plantation et la gestion. Si on ne renouvelle pas assez, c’est parce que les propriétaires ne sont pas conscients de la réelle valeur économique qu’a le bois si après la plantation il est bien géré. L’innovation d’EcoTree est avant tout juridique car elle permet de dissocier la propriété du sol de la propriété des arbres. EcoTree fait l’acquisition de terres en friche ou anciennement agricoles et on propose aux propriétaires de racheter une part de la coupe finale du massif. Ils vont pouvoir financer la totalité de leur boisement mais ils vont devoir suivre un itinéraire sylvicole avec un document de gestion durable. Ils vont être récompensés pour partie à la coupe finale et pour totalité aux coupes intermédiaires. Sur les massifs en question, toutes les opérations nécessaires à la bonne gestion doivent être effectuées. Ce bois sur pied, on le vend à des entreprises ou des particuliers qui ont le souhait d’agir en forêt pour l’environnement. C’est un moyen pour les entreprises de compenser leur bilan carbone. Nous nous commissionnons sur le prix de vente des arbres. Nous avons commencé à commercialiser fin 2016. L’année 2017 a été importante en terme de structuration car on vend une espérance de rendements. On a obtenu l’agrément fin février. Nous avons 200 ha qui ont fait l’objet de transactions. »

Emmanuel Naudin : « La charte Merci le peuplier est née en Pays de Loire en 2011 et a été étendue grâce au Conseil national du peuplier depuis début 2014. Le Conseil national du peuplier est une association de loi 1901 qui fédère l’ensemble des organisations relatives au peuplier en France. Il est le représentant du peuplier auprès des instances internationales. Chaque perte de 1 hectare a des conséquences lourdes en terme de ressources disponibles. En prenant en compte, l’ensemble des surfaces qui sont libérées généralement après exploitation et les surfaces qui sont boisées ou reboisées, on est entre 65 et 70% de reboisement. En moyenne, une parcelle sur trois n’est pas reboisée. Le peuplier est une essence très utilisée. On ne constate aucune sur-exploitation actuellement. On récolte des peuplements qui sont mûrs. En revanche, il y a un vrai déficit d’action après ces coupes. La charte Merci le peuplier est un engagement des entreprises de la filière qui doit aider le propriétaire dans son reboisement. »