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Carrefour international du bois 2018 – Focus région : dynamique territoriale

Intervenants :

  • Michel Hamon – Président Abibois et de Scierie Hamon
  • Olivier Ferron – Délégué général Abibois
  • Jean-Philippe Bazo- Président Fibois Bourgogne-Franche-Comté et de Bongard-Bazot et Fils
  • Christian Dubois – Délégué général Fibois Bourgogne-Franche-Comté

Michel Hamon : « Abibois est une interprofession qui regroupe tous les professionnels du bois en Bretagne. Elle compte environ 300 adhérents, et la filière regroupe 15 000 à 16 000 emplois. Par ailleurs, je dirige Scierie Hamon, située en Centre Bretagne et Merdrignac, dans les Côtes d’Armor. La création de stands collectifs au CIB a comme premier intérêt de regrouper les entreprises, d’apprendre à nous connaître et à travailler ensemble puisqu’il y a peu de situation concurrentielle sur l’espace (sept entreprises) ; ce sont des activités complémentaires. Le deuxième intérêt est de pouvoir aider des petites structures qui n’ont jamais fait de salon à franchir le pas. La vision du CIB pour les entreprises bretonnes est plus régionale, on peut espérer capter une clientèle régionale ou interrégionale. Breizh Forêt Bois est un plan lancé à l’initiative des professionnels qui sont partis d’un constat : le déficit de reboisement de nos forêts. On a donc saisi la Région, l’État pour essayer de réfléchir ensemble à un programme commun qui facilite le reboisement. On a réussi à mettre en place un plan qui a été doté de 10 millions d’euros sur 5 ans pour, d’une part, aider à transformer les peuplements pauvres qui n’ont pas d’avenir de production (pouvoir couper et reboiser des essences destinées à l’industrie), d’autre part, prendre en compte les terres délaissées par l’agriculture, les reboiser avec des taux de financement assez intéressants pour les propriétaires. Dans le cadre de ce plan, en Bretagne, on plante essentiellement du résineux à 70 %. Notre enjeu pour les quinze prochaines années est la transformation de la ressource. On va se réorienter sur le pin maritime, une essence délaissée. Il y a donc un gros travail à faire quant à l’acceptabilité du pin maritime par nos clients avec le développement d’outils. »   

Olivier Ferron : « Abibois regroupe tous les acteurs de la forêt jusqu’au marché. Les trois principaux marchés sont : bois-construction, bois-énergie et emballage. Plusieurs actions sont mises en place : tout d’abord, le marché qui tire la filière, puis sur la partie bois-énergie, une action sur toute l’approche bois locaux ; ensuite, le lien qu’il y a entre la ressource forestière et les marchés, et, enfin, les compétences que nous avons sur la forêt, la plantation particulièrement. Le métier premier de l’interprofession, c’est la promotion et la communication. On a des outils et des compétences internes ; chose que beaucoup d’entreprises n’ont pas. L’intérêt du stand collectif est de donner un cadre aux entreprises et de faciliter leur visibilité. On leur apporte des conseils sur la mise en avant de leurs produits, de leurs offres. La proximité de la Bretagne facilite les échanges avec les visiteurs bretons qui sont très nombreux sur le CIB. Pour l’association, c’est un moyen de fidéliser nos membres et de rencontrer en un temps défini beaucoup d’entreprises avec lesquelles on travaille. La particularité d’Abibois est de travailler sur le plan non seulement régional, mais aussi national. On anime le réseau des Prescripteurs bois. Ce sont les compétences dans nos interpro qui travaillent au développement du bois dans la construction dans chacune de nos régions, et les prescripteurs, ici, assurent une permanence sur le stand de la filière bois français. L’autre particularité, est que nous avons investi dans un programme de plantation Breizh Forêt Bois, car nous ne sommes pas réputés comme étant une région forestière. On a également notre contrat de filière qui sera signé fin novembre et, à cette occasion, on plantera le millionième arbre du programme Breizh Forêt Bois. Ce projet a été corédigé par l’ensemble des acteurs (publics et professionnels) en intégrant les aspects environnementaux et le changement climatique. Le programme finance une liste d’essences prédéfinie suivant des caractères environnementaux et, surtout, les prévisions sur les changements climatiques ainsi que la résistance possible des essences à ces changements. Les actions sur le marché sont essentielles, on développe l’alliance bois-construction, puis des actions typées en fonction des cibles (collectivités ou entreprises) en disant qu’ils ont un pouvoir d’action sur la forêt et que ce sont des acteurs qui se chauffent et construisent. On a donc développé des actions spécifiques pour leur apporter des outils qui leur permettront un développement de marché. » 

Christian Dubois : « Fibois Bourgogne-Franche-Comté est née de la fusion des interprofessions de la filière forêt-bois : Aprovalbois en Bourgogne et Adib en Franche-Comté depuis un an. Avec la fusion des régions, nous sommes présents sur deux halls dans le Grand Palais et le hall 2 avec 35 entreprises. Comme l’expliquaient nos collègues, un stand collectif crée une dynamique. Il est sécurisant pour les nouveaux exposants sur un tel salon de savoir que, derrière, l’interpro a tout réglé : logistique, aménagement du stand… Ils viennent assez sereinement sur l’espace. Et derrière cela, il y a la dynamique de groupe, les liens qui se créent. C’est d’autant plus vrai quand on est dans des régions qui viennent de fusionner où il faut créer des échanges entre les entreprises. Historiquement, le CIB était le rendez-vous des entreprises de 1ère transformation. À travers son développement, on a une orientation sur la construction bois, et cela se retrouve sur nos espaces collectifs où des menuisiers et un fabricant de portes sont présents pour la première fois. On retrouve cette diversité qui crée des échanges enrichissants. Au niveau de la fusion, cela était presque naturel, la Bourgogne-Franche-Comté est une des régions de production forestière. Aujourd’hui, on travaille sur la valorisation des essences, et le travail de nos prescripteurs est de chercher des projets où l’on pourra valoriser localement nos essences (chêne, Douglas, hêtre). Enfin, il y a la problématique autour de l’acceptabilité. Nous sommes de plus en plus montrés du doigt, des mouvements se mettent en marche pour dire : « Vous détruisez nos forêts, vous coupez du bois, vous détruisez notre bien-être. » Et ce sont les mêmes qui disent que la maison en bois c’est bien ! Il faut vraiment que l’on fasse comprendre que, pour faire des maisons en bois, il faut couper du bois, et en replanter… Nous y travaillons donc. » 

Jean-Philippe Bazot « Bongard-Bazot et Fils est une entreprise d’exploitation forestière, de transport, devenue scierie au milieu des années 1990 avec également quelques activités de travaux publics très rattachées aux territoires. Concernant Fibois, la région Bourgogne-Franche-Comté regroupe environs 5 000 entreprises dans la filière forêt-bois et représente à peu près 20 000 emplois. Une activité très importante à laquelle les politiques ne sont pas insensibles, c’est pourquoi ils nous ont associés à la rédaction du contrat forêt-bois Bourgogne-Franche-Comté qui va être le plan, pour les années à venir, du développement de la filière forêt-bois. Avant la fusion, on a, au sein de France Bois Régions (structure chapeau de nos interpro régionales), une définition commune de nos actions. Des échanges ont lieu très régulièrement entre les régions de façon à uniformiser nos actions. Vous avez des essences dominantes : le chêne et le Douglas dans l’ancienne région Bourgogne ; l’épicéa, le hêtre et le chêne en Franche-Comté ; on les emmène un peu avec nous en venant à Nantes pour montrer la richesse de notre ressource au vu des besoins de la filière. Nous organisons, en région Bourgogne, le salon Euroforest qui réunit 40 000 visiteurs, 365 exposants et plus de 500 marques exposées, cela au cœur des territoires puisqu’il se déroulera dans la forêt de Chaumont. C’est un évènement qui sera très pédagogique afin de faire comprendre à nos concitoyens que pour fabriquer des maisons en bois, des meubles… il faut couper du bois, exploiter la forêt, la récolter et que cette gestion est vertueuse, non détestable comme certains pourraient le penser. Aujourd’hui, on est en proie à une crise d’approvisionnement très importante au niveau du bois d’œuvre chêne, avec, en vis-à-vis, une exportation vers les pays asiatiques. On participe donc à la mise en place de certaines formules qui peuvent limiter l’exportation des grumes de chêne et à leur transformation sur le sol européen. Espérons que la meilleure façon de sortir de cette crise sera de mobiliser davantage de matières en foret privé. On sait qu’elle existe, elle compense largement les diminutions de volume de la forêt publique pour pouvoir satisfaire tous les transformateurs de chêne. »