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Photo : Patrick Blanc

La maison passive

La maison passive : un concept exigeant

Imaginez une maison parfaitement isolée, comme si elle avait été recouverte d’un manteau qui la protège autant l’hiver que l’été. Il fait bon à l’intérieur puisque vous y vivez et y rejetez de la chaleur. Si, en plus, il y a un peu de soleil, c’est encore mieux, et vous n’avez plus besoin de chauffer. Cette idée, c’est celle de la maison passive : la chaleur dégagée par l’intérieur de la maison (êtres vivants, appareils) et celle apportée par l’extérieur (ensoleillement) suffit à chauffer l’habitation. Le concept est né en Allemagne, à la fin des années 80. Depuis, plus de 10 000 réalisations de ce type ont vu le jour en Europe : maisons individuelles, immeubles collectifs, écoles, bureaux, maisons de retraite… En France, 65 opérations ont été identifiées comme étant « passives »*. Ce sont surtout des maisons neuves (75 %), isolées, construites à la campagne et plutôt en plaine. Géographiquement, la région Rhône-Alpes est celle où l’on en trouve le plus mais les Pays de la Loire, l’Île-de-France et la Picardie sont également très actives en matière de construction passive.  N’est pas passive qui veut Une maison est dite « passive » si elle remplit les trois conditions suivantes : des besoins de chauffage inférieurs à 15 kWh/m_/an (contre 50 kWh/m_/an pour une maison BBC-Effinergie) ; une excellente étanchéité à l’air ; une consommation d’énergie totale qui n’excède pas les 120 kWh/m_/an (toutes applications confondues à l’intérieur de la maison, y compris électroménager). Le reste des besoins sera couvert par des systèmes d’énergie alternatifs (panneaux solaires…). La maison passive est très économe par rapport à une construction traditionnelle : à titre de comparaison, les logements des années 60 ou 70 nécessitent en moyenne 320 kWh/m2/an ! Quatre principes de baseLa conception de la maison passive repose à la fois sur des recettes de construction ancestrales et sur quelques principes fondamentaux. Le bâtiment doit tout d’abord être compact : la surface des parois en contact avec l’extérieur doit être réduite au minimum afin de limiter les déperditions hivernales de chaleur. Ensuite, le bâtiment devra être orienté vers le sud pour utiliser de façon optimale les apports solaires.

isolation
Photo : Xella Thermopierre

Une « super isolation »

Les maisons passives se caractérisent bien souvent par une isolation thermique particulièrement performante. On parle même de « super isolation » ! En effet, là où l’isolation thermique est traditionnellement épaisse de huit à dix centimètres, elle peut parfois dépasser les trente centimètres dans ce type de construction. Ce qui entraîne, bien sûr, un surcoût à l’achat, lequel sera, cependant, largement compensé ensuite par les économies réalisées sur la facture. Autre particularité : pour limiter les ponts thermiques, l’isolant est appliqué à l’extérieur du bâtiment sans interruption. Certains architectes optent pour un matériau intrinsèquement isolant comme, par exemple, les briques Monomur en béton cellulaire ou en terre cuite.

étanchéitéUne étanchéité parfaite

Afin de réduire les risques de dégradation du bâtiment, il est important, dès la conception, de garantir une bonne étanchéité à l’air en prêtant une attention particulière aux encadrements des baies, aux conduits de cheminée, et à toutes les autres ouvertures. Après la construction, on procède à un test d’étanchéité (ou d’infiltrométrie). Une valeur maximale est alors requise pour obtenir la certification.

 

tuyau
Photo : DR

De l’air sain

Afin d’éviter que la maison passive ne se transforme en un lieu trop étanche, où l’air ne circule pas et devient malsain, il est impératif d’installer un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux, avec récupérateur de chaleur. Son principe : il insuffle de l’air frais dans les espaces de vie (chambres, séjour…) et extrait l’air vicié des espaces utilitaires (salle de bains…). Par le biais d’un échangeur de chaleur, les calories de l’air sortant sont transmises à l’air frais entrant, sans que les courants d’air ne se mélangent. Attention, pour respecter l’objectif d’efficacité énergétique, la quantité d’énergie utilisée pour la ventilation doit être inférieure ou égale à 0,4 Wh par mètre cube de volume d’air acheminé. Par ailleurs, le système de ventilation peut être amélioré par l’usage d’un échangeur air/sol, comme le puits canadien ou provençal, qui présente le double avantage de préchauffer l’air neuf en hiver et de le préraffraîchir en été.

 

menuiserie

Choisir les bonnes fenêtres

Véritables points faibles de la paroi extérieure, les fenêtres nécessitent une attention particulière, car un mauvais système peut entraîner une perte importante de chaleur. Dans la maison passive, il est conseillé de choisir des baies dotées d’un triple vitrage à faible conductivité thermique. Les fenêtres situées sur la façade nord seront de préférence petites et peu nombreuses, et l’on privilégiera les grandes baies vitrées au sud.

maison passive
Photo : DR

Des maisons surtout performantes

Côté architecture, les bâtiments passifs souffrent d’une mauvaise réputation auprès du public, lequel leur reproche leur aspect compact, avec des formes cubiques, une esthétique jugée pauvre. Difficile de proposer des architectures complexes, avec des décrochements ; la simplicité et la compacité des volumes permettent en effet de réduire les risques de ponts thermiques, et les normes exigées induisent de nombreuses contraintes de construction. Pour diversifier les formes, des espaces tampons, tels que les vérandas, sont proposés, mais ils occasionnent une augmentation du coût à la construction. Les architectes doivent encore faire preuve de plus de créativité et allier davantage technique et esthétique.
En ce qui concerne le prix de revient des maisons passives, les coûts s’étagent entre 1 400 et 2 000 € HT/m2. Un surinvestissement estimé entre 10 et 20 % par rapport à une maison traditionnelle et qui s’explique par les caractéristiques spécifiques (matériaux et procédés mis en œuvre, prestations intellectuelles et techniques supplémentaires, etc.) nécessaires à la construction passive. Mais le jeu en vaut la chandelle car sur le long terme, la charge globale d’une maison passive reste plus faible que celle d’une maison standard, grâce aux économies d’énergie réalisées.

* Première enquête La maison passive France, 2009, Cipra – A télécharger sur le site www.lamaisonpassive.fr

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