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Les demandes de certification de logements reçues par Qualitel s’élèvent à plus de 170 000 en 2011, soit 10 000 de plus qu’en 2010. Photo Qualitel

BBC-Effinergie : quels impacts sur la construction ?

La direction des Etudes et Recherche de Cerqual (groupe Qualitel) a analysé plus de 1 000 projets en cours de certification associée au label BBC-Effinergie. Cette étude révèle des disparités selon les régions et les types de bâtiment.

Qualitel, association indépendante ayant pour mission de valoriser et de promouvoir la qualité de l’habitat en France, fait le point sur les demandes de certification de logements et les tendances constructives pour l’année 2011. Ce bilan est l’occasion de souligner le dynamisme de la certification du logement, qui croît de 6,2 % par rapport à 2010. De plus, l’association présente les nouvelles tendances constructives à travers une étude menée sur près de 1 000 projets en cours de certification associée au label BBC-Effinergie, représentant 251 maisons individuelles groupées et 33 448 logements collectifs. L’objectif était de prendre connaissance des principales tendances, en termes de bâti et d’équipements, portées par ces logements particulièrement performants.

L’ITE devient majoritaire

Premier constat : l’isolation thermique par l’extérieur, permettant de traiter efficacement les ponts thermiques, prend le pas sur l’isolation par l’intérieur (55 %), dans le logement collectif, et ce de manière plus marquée dans les régions froides (H1b, H1c). En effet, l’isolation par l’intérieur reste prépondérante sur les zones côtières (H2a, H2b) et méditerranéenne (H3). L’isolation répartie ou intégrée à une ossature bois est, quant à elle, surtout présente dans le Sud-Ouest.

Dans les immeubles collectifs, le béton plein (16 ou 20 cm) est largement prescrit (75 %) en isolation par l’extérieur. Pour les 25 % restant, sont utilisés des blocs de béton ou des briques. Le béton plein ou en blocs est également utilisé pour 55 % des projets en collectif lors d’isolation par l’intérieur, et les briques pour les 45 % autres opérations. On note de fortes disparités selon les régions. Ainsi, l’utilisation de briques est majoritaire dans le Nord-Est et le Grand-Ouest pour des raisons historiques. A l’inverse, le béton est largement employé en région parisienne, dans le Centre-Est et le Sud-Est.

En maisons individuelles groupées, l’isolation par l’intérieur est encore présente à 50 %, ce qui démontre que les exigences du label BBC-Effinergie peuvent être atteintes avec ce type d’isolation en individuel. L’isolation répartie ou intégrée à une ossature bois y représente une part plus importante que dans le collectif (18 %), toujours principalement dans le Sud-Ouest. Lors d’isolation par l’intérieur dans les maisons, les murs sont majoritairement en briques (60 %), puis viennent les parpaings (20 %) et les blocs de béton cellulaire (10 %).

Le chauffage collectif remis au goût du jour

Sur l’ensemble du territoire, quelles que soient les zones climatiques, le chauffage collectif revient en force dans les immeubles (71 %), après plusieurs années d’individualisation des modes de chauffage. En effet, les besoins de chauffage étant faibles, l’installation d’une chaufferie collective est plus pertinente que celle d’une chaudière par logement, et le rendement global est nettement meilleur. A noter que dans ces immeubles collectifs, les chaufferies individuelles sont alimentées à 90 % par du gaz, tout comme 72 % des chaufferies collectives.

Dans les maisons individuelles groupées, le chauffage est, en toute logique, individuel, mais il s’avère parfois collectif (7 %) ou mixte (4 %). Dans toutes les zones climatiques, le gaz y est prépondérant, viennent ensuite le bois-énergie et, dans une moindre mesure, l’électricité.

Quant à l’eau chaude sanitaire des immeubles, elle est à 42 % produite en chaufferie collective, associée, dans 36 % des cas, à un système solaire thermique avec appoint, et, à 22 %, produite individuellement, surtout à l’ouest du territoire. L’eau chaude solaire s’impose dans les régions les plus ensoleillées : le littoral méditerranéen (H3) et le sud de Rhône-Alpes (H2d). Il faut souligner que la production d’eau chaude des maisons candidates au label BBC-Effinergie est à près de 70 % solaire. Dans tous les cas, un appoint au solaire, collectif ou individuel, est incontournable.

Enfin, le système de ventilation hygroréglable B domine très largement le marché des opérations collectives et individuelles en demande de label BBC-Effinergie, ainsi que la plupart des autres opérations certifiées. La VMC double flux peine, pour le moment, à se faire une place, notamment à cause de son coût d’investissement et de ses contraintes d’entretien.
Document à télécharger
www.qualitel.org

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